Patrimoine oral

La langue est un vecteur de mémoire

Le pays Bamiléké compte une dizaine de langues principales. Chacune porte une vision du monde, une musique, une manière de nommer les choses.

Parler une langue, c'est habiter un monde. Les langues Bamiléké appartiennent à la famille bantoue des Grassfields. Elles partagent des racines profondes mais sont mutuellement distinctes.

Ghomala'

Bafoussam, Bandjoun, Bahouan, Baham

≈ 350 000 locuteurs

Une des langues Bamiléké les plus parlées, étudiée et enseignée. Elle dispose d'une orthographe standardisée et de nombreuses publications.

Yemba

Dschang, Foto, Foreke, Fongo-Tongo

≈ 300 000 locuteurs

Langue de la Menoua, riche en littérature orale et en proverbes. Enseignée dans certaines écoles et à l'université de Dschang.

Fe'fe' (Nufi)

Bafang, Bandja, Bana

≈ 220 000 locuteurs

Connue pour son système d'écriture original mis au point par le pasteur Tientcheu. Le mouvement « Nufi » a beaucoup œuvré pour sa codification.

Medumba

Bangangté, Bazou, Bangou, Tonga

≈ 210 000 locuteurs

Langue du Ndé, riche d'une tradition littéraire et religieuse importante. Elle dispose de dictionnaires et de traductions bibliques.

Ngomba'

Bamendjou, Bahouoc, Bansoa

≈ 100 000 locuteurs

Langue partagée par plusieurs chefferies des Hauts-Plateaux, vivante au quotidien.

Ngiemboon

Batcham, Balatchi, Bamougong

≈ 250 000 locuteurs

Langue des Bamboutos, transmise oralement et désormais étudiée par plusieurs équipes linguistiques.

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Sauver une langue, sauver un monde

Selon l'UNESCO, plusieurs langues Bamiléké sont aujourd'hui considérées comme vulnérables. Documenter, enseigner, écrire et faire vivre ces langues est l'un des défis culturels majeurs de notre génération.